J’ai réintégré le réseau Tendances en février 2011 pour deux parcours (photos 1 & 2), l’un à Hérenguerville/50 (bocage) et l’autre à Annoville (massif dunaire), après avoir mis fin aux trois parcours que j’ai couverts entre 1999 et 2004 en forêt de Saint-Sever/14 et sur la lande de Millières/50 pour des raisons d’éloignement et/ou de disponibilité.

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Après douze années d’enquête et 74 sessions sur les deux parcours couverts depuis 2011, je partage le bilan qui suit, non en termes de tendances, car aussi peu de relevés de 30 minutes ne permettent pas d’identifier des tendances significatives pour des espèces très communes, pas davantage globalement pour des espèces moins communes qui en apparence sembleraient progresser ou diminuer, et moins encore pour d’autres plus rares et aléatoires localement. Outre ces analyses faites sur la somme des sessions au cours desquelles une espèce est contactée chaque année en période de reproduction (2 à 3 sessions), j’ai réalisé quelques tests sur l’occurrence (en combien de temps est-elle contactée en moyenne), sans observer là non plus de glissement significatif pour les mêmes raisons sans doute. Cependant, cette analyse mériterait d’être faite à l’échelle des parcours réalisés en Normandie, en vérifiant au préalable l’incidence des biais inhérents à cette enquête (renouvellement de parcours qui ne sont pas comparables, couverts par des opérateurs dont les compétences évoluent dans le temps, etc.) par un test d’égalité des variances, par exemple.
D’un point de vue qualitatif, j’ai contacté à ce jour 84 espèces en bocage sur un secteur traversé par une voie majeure de migration à travers le Cotentin, et 83 espèces sur le massif dunaire d’Annoville qui constitue un « réceptacle » de cette voie de migration.
62 % des espèces contactées à Hérenguerville sont nicheuses, mais seulement 51 % de celles observées à Annoville, raison pour laquelle la pente de leur courbe respective diffère sensiblement (Fig. 1 & 2), outre l’environnement +/- hétérogène à courte distance de ces deux parcours.
En termes d’effort d’échantillonnage, j’ai contacté 90 % des espèces notées à Hérenguerville en sept année d’enquête, mais il m’aura fallu trois ans de plus pour atteindre ce seuil à Annoville.

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Par ailleurs, si le nombre d’espèces contactées est comparable après douze années d’enquête sur ces deux parcours qui ne présentent aucun point commun en termes de milieux, le nombre d’espèces notées par session est décalé en lien avec les remarques précédentes : le maximum est atteint en août/sept à Hérenguerville mais en avril/mai à Annoville, quand le minimum est commun aux deux parcours et intervient en février/mars (Fig. 3 & 4).

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Enfin, pour les mêmes raisons que celles évoquées précédemment (type de milieu, localisation, composition de la cohorte…), le nombre moyen d’espèces contactées par session, 28 à Hérenguerville [21 ; 36] contre 23 à Annoville [12 ; 32] présente un coefficient de variation (ratio de l'écart-type rapporté à la moyenne et exprimé en %) deux fois supérieurs entre le bocage (9 %) et le secteur dunaire (18 %).
Bruno