Le réseau des refuges du GONm

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Alain CHARTIER
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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par Alain CHARTIER » 30 avr. 2016, 14:38

A Barenton, je trouve que les coronelles lisses photographiées ressemblent à des couleuvres d'Esculape. C'est vrai qu'on a pas idée de la taille, mais elles semblent bien claires et très effilées (effets liés à la photo, je suppose) !
Alain Chartier

collette
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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 01 mai 2016, 11:25

Tu as raison Alain, je suis responsable de la confusion, Michel Noël me confirme bien qu'il s'agit de la couleuvre d'Esculape, il n'a pas encore vu la coronelle cette année à cette date. Je corrige donc sur le document, merci.
Jean

collette
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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 21 mai 2016, 10:12

233 - Pourquoi développer le réseau des refuges du côté des fermes?
Les documents présentés ici sont extraits de la dernière livraison de la revue botanique ERICA (n°30-avril 2016) éditée par le Conservatoire botanique national de Brest. Un remarquable article intitulé "Etude de la flore d'une exploitation laitière du fond de la rade de Brest" (Jean-François Glinec) nous conforte dans l'idée que non seulement l'agriculture peut participer à la sauvegarde de la biodiversité, mais que de plus la sensibilisation des agriculteurs aux préoccupations des naturalistes est indispensable.
Le cas présenté a ceci d'original que l'agriculteur est aussi le botaniste réalisant les inventaires, ce qui lui permet de croiser son expérience de gestion agronomique et les données naturalistes. Tout est dit dans la conclusion : ce sont les habitats "peu ou pas productifs au plan agricole" qui abritent l'essentiel des espèces botaniques, d'où l'impact majeur de pratiques inadaptées sur les espèces le plus rares.
La dernière phrase doit être un encouragement pour nous à poursuivre les contacts avec les agriculteurs qui le souhaitent. Jean-François Glinec n'est pas "en bio" mais on aura compris que sa démarche "raisonnée" est assez éclairée pour préserver l'essentiel de la richesse floristique des 80 ha de son exploitation.
Pour compléter ce message en contrepoint, un article de Ouest-France rapporte un de ces malheureux épisodes récurrents de pluies diluviennes localisées provoquant une érosion massive sur les pentes labourées, ici dans le Sud-Manche en vallée de la Sée. L'article rapporte les raisons objectives (ancienne prairie récemment labourée et talus de bas de pente supprimé...) mais aussi les mauvaises explications de la part des représentants agricoles présents... En particulier, c'est bien sûr "la faute à l'Europe" et à ses primes au maïs.
Pièces jointes
A.jpg
La conclusion de l'article résume bien les enjeux de conservation en zone bocagère : "l'entretien quasi chirurgical des micro-habitats de la ferme"
B.jpg
Rapportées aux surfaces concernées, les haies, les prairies humides, les cours d'eau abritent une forte proportion des espèces végétales recensées.
C.jpg
Une agriculture intensive qui manque pour le moins de recul...

collette
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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 26 mai 2016, 14:33

234- La nichée de grives musiciennes au refuge
Nos collègues Nicole et Daniel Calas ont pu suivre le développement de la nichée d'un nid de grive particulièrement facile à observer sans déranger les adultes. Trois clichés ont été sélectionnés.
" Météo clémente ou pas, le cycle de la vie bat son plein au jardin.
Ce printemps, les grives musiciennes ont élevé leurs poussins sous notre nez, dans le fouillis intérieur du forsythia. Facile de voir les adultes s'envoler et d'en profiter pour faire les clichés sans les déranger.
Mais un des jeunes- à peine quitté le nid, 9 jours plus tard - a servi de repas bien tendre à l'épervier qui n'a laissé que les plumes..."

Au total, 5 oeufs pondus, 4 éclos, 4 poussins à l'envol. De quoi rédiger une belle fiche de nids pour le fichier du GONm!
Photos Nicole Calas
Pièces jointes
A.jpg
La couleur des oeufs turquoise est remarquable, au même titre que le "béton de bois" du revêtement intérieur.
B.jpg
Un oeuf clair et les affamés de service!
C.jpg
Bien emplumés et toujours aussi affamés!...

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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 01 juin 2016, 10:00

235 - D'autres nids, d'autres naissances au refuge
Chez Yves, à Donville/50, le nid du troglodyte construit l'an dernier dans la poterie d'Armelle (qui habite un autre refuge, à Sourdeval!) a été squatté cette année par les bourdons. Nous ne verrons pas la jeune génération l'intérieur, contrairement au petit groupe de jeunes araignées serrées sur la feuille. A côté, sur la bryone, la coccinelle a signé sa présence en grignotant la feuille en dentelle. Fin mai, Yves n'a pas encore repéré de larves.

Le message 55 page 6 de ce fil des refuges a déjà été consacré à cette coccinelle végétarienne.
Le message 24 page 3 de ce fil montre un nichoir d'Armelle la potière, occupé par une famille de troglodyte.
Pièces jointes
A.JPG
Comme quoi ne pas nettoyer tous les nichoirs peut faire des heureux...
B.JPG
Au moindre souffle, toute la colonie se disperse.
C.JPG
Trace de repas de la coccinelle à l'angle de la feuille.

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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 20 juin 2016, 13:14

236 - A défaut de chevêche, le "rossignol du nichoir"...
Un nichoir à chevêche avait été posé il y "longtemps" lors de la campagne organisée par le GONm. Husson est situé entre Mortain et le Teilleul dans le Sud Manche. Chez Christian, (refuge 50/015), la chevêche n'a jamais occupé le nichoir... Le verger de vieux poiriers de cette région (à cheval sur le Mortainais et le Domfrontais) a reculé, seules quelques communes ont conservé la "chouette des pommiers".
Le nichoir est toujours là. Un autre amateur de cavités s'est installé : le rougequeue à front blanc. Ce passereau n'est plus si commun en Normandie, sa nidification au refuge est une compensation appréciable! Le refuge est un îlot "à l'ancienne" (bâtiments, verger de pommiers, haies, prairie naturelle) dans un océan de maïs... Bonne pioche pour le "rossignol des murailles" comme l'appelaient nos ancêtres du 20e siècle (et même " la Rubiette de muraille" pour notre maître Gadeau de Kerville au 19e, du temps où il la disait très commune en Normandie...)
Pièces jointes
A.jpg
Photos Christian Courteille
Nidification printemps 2016
B.jpg

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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 26 juin 2016, 11:52

237 - Un verger en refuge à Bagnoles-de-L'Orne
La convention signée le 16 mai dernier fait entrer le verger de La Noë Plaine dans le réseau des refuges du GONm. Marie-Hélène et Ludovic sont en cours de conversion bio et ont commencé à commercialiser des produits de qualité : cidres, poiré, jus de pomme, vinaigre, calvados, pommeau...
Lors des deux relevés effectués par Jacques Rivière, correspondant pour le GONm, ce refuge a montré combien la notion d'îlot est adaptée à la description de ce refuge. Non seulement il est boisé au sens du verger, mais en plus les haies qui l'entourent jouent un rôle majeur dans l'équilibre biologique du site. Haie basse au sud, haies hautes ailleurs, cet écrin bocager - peu de haies ailleurs autour - est fort justement noté comme argument commercial sur une des étiquettes qui portent les informations relatives à la production sur les bouteilles de cidre.
Pour mémoire, une étude commandée au GONm par le PNR Normandie Maine en 2002-2003 à l'occasion de l'officialisation de l'AOC Poiré Domfront avait montré en quoi l'association haie + verger haute tige est la plus riche en biodiversité. Par exemple, on comptait 58 espèces d'oiseaux dans cette association contre 45 en verger haute tige seul, et seulement 25 en verger basse tige. (voir la revue Le Cormoran n°67 de juin 2008 entièrement consacrée aux oiseaux du verger normand)
Pour acheter les produits de la Noë Plaine : au marché de Bagnoles le samedi matin; durant l'été, à la Ferté-Macé le 1er vendredi du mois; vente des produits à la ferme à partir d'août 2016.
Contact : EARL Bagnoles de Pom
Ferme cidricole de la Noë Plaine
61 140 BAGNOLES-de-L'ORNE
06 95 60 67 67
Site : bagnoles-de-pom.com
Une journée portes ouvertes à laquelle le GONm participera est prévue le 18 septembre prochain.
Pièces jointes
A.jpg
Pâturage ovin et haies hautes au nord et à l'ouest.
B.jpg
Ruches et haie basse au sud
C.jpg
Il est encore trop rare de voir la biodiversité citée comme argument économique. L'initiative est d'autant plus à relever! (Le chêne Hippolyte est un des arbres remarquables de la forêt des Andaines toute proche)

collette
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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 04 juil. 2016, 14:04

238 - Le gobemouche gris du refuge : La Carneille/61
Le GONm a la chance de profiter du travail de collègues photographes amateurs adhérents. Certains postent régulièrement des clichés sur le site de l'association et c'est toujours un plaisir de partager leurs découvertes! Carl est de ceux-là et son refuge à la Carneille est souvent son terrain d'observation. "Son" couple de gobemouche de ce printemps 2016 a été l'objet de nombreux clichés. Trois sont ici présentés, l'occasion de rappeler quelques notions se rapportant à la biologie de la reproduction des passereaux.
Le gobemouche, parfait insectivore comme l'indique son nom, n'est pas spécialisé "dans la mouche". Le cliché montrant l'adulte avant le nourrissage rappelle que cet oiseau est capable de capturer toutes sortes de proies volantes, ici des diptères mais aussi des papillons; quelle dextérité pour capturer des proies en vol alors que le bec est déjà "occupé"! (Un peu comme les macareux...) Ici, au moins 5 proies ensemble! Dorst cite le gobemouche noir, espèce voisine, qui nourrit ses jeunes 33 fois par heure, soit 6200 fois pour élever une nichée. "Les adultes perdent jusqu'à 20% de leur poids pendant la période de reproduction". Les oisillons sont d'extraordinaires machines à croitre : le poussin de coucou multiplie son poids de naissance par 50 en 3 semaines! Quel rendement!!! La cavité buccale des poussins toujours très colorée à l'intérieur est une incitation à remplir les estomacs affamés. En contrepartie, les excréments sont expulsés hors du nid, heureusement enfermés en général dans un sac élastique qui permet aux adultes de les emporter loin du nid (ou de les avaler...)
Photos : Carl Ghestin
Documentation : indispensables, les trois tomes de la vie des oiseaux de Jean Dorst (1971) chez Bordas.
Pièces jointes
A- La Becquée.jpg
Retour au nid : diptères et papillons, au moins 5 proies pour ce voyage.
B - Nourrissage.jpg
Quatre estomacs dont 3 seulement quémandent : celui qui vient d'être nourri n'est pas sur les rangs, chacun son tour...
C- Sac fécal.jpg
La couche culotte a été inventée il y a longtemps par les oiseaux, entièrement recyclable!

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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 20 juil. 2016, 14:02

239 - Bocage estival : un refuge du Sud-Manche
Mi juillet, à condition de commencer tôt (5h30), il y a encore beaucoup d'activité derrière les haies... Les 23 ha inventoriés ce 18 juillet à Isigny-le-Buat sur la ferme de Pierre abritent 10 chanteurs de fauvettes à tête noire, l'hypolaïs, le bruant jaune, le bouvreuil, la linotte, le faucon crécerelle, etc. Plus étonnant, une chouette hulotte branchée dans une haie relativement jeune...
Héritage du passé, un tronc de têtard de châtaignier a résisté autrefois à la scie. Il est resté en épave, oeuvre d'art témoin de pratiques d'exploitation oubliées.
Pierre produit de la tomme à partir du lait de son troupeau de Montbéliardes.(agriculture bio)
Vente directe à la ferme le samedi de 10h30 à 12h30 et le mercredi de 16h à 18h.
jardindutrefle@netcourrier.com
Pièces jointes
A.JPG
Combien de centaines de fagots ont "poussé" sur ce tronc en 100 ans, 150 ans, plus?
B.JPG
C.JPG

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Re: Le réseau des refuges du GONm

Message par collette » 06 août 2016, 07:06

240 - Saint-Senier : une ferme, des oiseaux en été
La ferme des Petites Echommes à Saint-Senier-sous-Avranches est entrée dans le réseau des refuges suite à une étude qui avait été commandée au GONm en juin 2012 (projet INDIBIO). Depuis, les oiseaux de la ferme ont été recensés à 7 reprises. L'agriculture bio mise en oeuvre par Adrien Lechartier donne la priorité à l'herbe mais certaines parcelles selon les rotations en place laissent la place aux céréales et à une petite surface de maïs cultivé en alimentation de complément entre l'hiver et la poussée de l'herbe. Sans désherbant, ce qui prouve que c'est possible! Le pied du maïs est riche de nombreuses adventices sans que la croissance du maïs ne soit entravée.
Visite du 5 août : le bocage estival n'est pas enthousiasmant pour l'ornitho... Pourtant, encore 28 espèces en 2 heures. Les bandes de moineaux et d'hirondelles rustiques sont rassurantes sur la bonne santé locale de ces espèces. La famille d'hypolaïs polyglotte se nourrit dans les céréales à partir du roncier au pied des pylones électriques; d'autres familles (bruant zizi, traquet pâtre...) circulent. Le pouillot fitis et la bergeronnette printanière ont commencé à bouger.
En 7 visites (sur 4 mois différents depuis 2012), 51 espèces ont été notées : 175 grives mauvis en février 2016, 140 pinsons des arbres en février 2015, 30 pigeons ramiers en août 2016...
Pour mémoire, pour ceux qui habitent le Sud Manche, Adrien et ses associés Alexis et Olivier Trublet, fabriquent et commercialisent localement des yaourts et desserts lactés bio crémeux à souhait! (marque "ferme Pivette et Palorette" du nom des deux ruisseaux des fermes; réseau Invitation à la ferme)
Pièces jointes
A.JPG
Un des beaux vieux chênes de la ferme des Petites Echommes
B.JPG
Le maïs a ici été cultivé sans désherbant, travaillé seulement à la herse étrille
C.JPG
Le territoire du couple d'hypolaïs englobe depuis la haie voisine (replantée il y a quelques années) le roncier au pied des pylones électriques. Les adultes chassent dans les céréales et reviennent nourrir dans le roncier.
Dernière modification par collette le 19 sept. 2018, 13:31, modifié 1 fois.

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